BERLIN-OUEST ◊ MAL DU SIÈCLE 2.0?

Hey

Qui l’aurait cru il y a quelques années que je finirais par avoir un coup de cœur pour un groupe chantant en français? En toute honnêteté, je suis partie à la découverte de leur univers presque à reculons (presque j’ai dit). Tout simplement car je connais mes goûts et ce qui est susceptible de me toucher ou pas. Bon et bien dans ce cas-ci, je me suis bien plantée! Et franchement ça fait du bien.

Berlin-Ouest. Un nom qui fait écho, riche en signification et choisi pour sa symbolique :              « Nous vivons actuellement dans un monde divisé où les murs existent encore entre chaque culture, chaque pays. Un monde où le capitalisme règne ».  D’emblée, le ton est donné.

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« Toutes ces marques qui te blessent
Bien trop proche de l’ivresse »

Dans un registre post-punk/new wave aux sonorités synthétiques, la formation bruxelloise composée de  Nicolas Van Damme (chant et guitare), son frère Pierre (clavier), Jean-Stéphane Therasse (basse) et Rémy Geisen (batterie) voit le jour en 2014 et après quelques changements de line-up, enregistre « Sentiers Battus » dans le courant de l’année 2016. Le choix de la langue française n’est pas tout de suite apparu comme une évidence, c’est seulement après réflexion que le groupe décide de franchir le pas. Mon Ipod ne comportant que des albums en anglais, on était mal barré. Et pourtant…  En jetant son dévolu sur cette langue, Nicolas est amené à redécouvrir des gars tels que Gainsbourg et Bashung, pour ne citer qu’eux. Dans un style souvent associé à Indochine sans oublier l’influence de The Cure et Joy Division, Berlin-Ouest, toujours sur une base instrumentale, évoque dans ses textes des phases, sentiments propres à l’existence humaine que nous sommes, de fait, tous susceptibles de traverser ou de connaître un jour.

Mal du siècle 2.0? La référence historique semble un peu forte et pourtant : avenir incertain, recherche d’une sorte de paradis perdu où l’espoir était encore de mise… Des textes forts et vrais, sans aucune prétention, à se demander ce que ces gars ont bien pu traverser pour aboutir à des compos d’une telle maturité, empreintes de mélancolie voire de détresse. « Entends-tu les douleurs de Berlin-Ouest? », un refrain qui porté par la voix pénétrante de Nicolas résonne comme un slogan scandé par une jeunesse en pleine désillusion. C’est ce côté sombre un brin fataliste qui m’a particulièrement intrigué. Je suis du genre à penser que nous avons tous une part plus noire en nous, refoulée ou non. La question est alors de savoir : Cet état nous conditionne-t-il de fond en comble? Comment ne pas se laisser submerger par ce qui nous tire vers le bas? L’optimisme est-il synonyme naïveté?

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© ManuGo Photography

« Relève moi, de l’autre côté »

Cette amertume et cette morosité sont pleinement assumées. Néanmoins, comme pour tout, inutile de tomber dans le côté trop réducteur et les raccourcis faciles. Certes, on peut parler de musique enténébrée mais « pas seulement ». Pas de déterminisme qui tienne! Parmi toutes ces paroles qui poussent à la réflexion, l’échappatoire semble encore accessible à qui s’en donne les moyens.

En définitive, belle découverte d’une formation encore toute jeune que vous pourrez retrouver au Pop In (Paris) le 10 septembre ainsi qu’au Backstage (LLN) le 4 octobre prochain! 

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