ENGLAND CALLING

England calling, l’appel d’un pays (et référence aux Clash soit dit en passant) où je ne m’étais jusqu’à lors, jamais rendue. Aussi surprenant que cela puisse paraître, je n’avais jamais eu l’occasion de « concrétiser » mon attrait pour l’Angleterre. J’ai toujours eu une certaine vision (voire fascination) pour le British Way Of Life, alimentée sans aucun doute par la musique ainsi que par d’inévitables idées toutes faites. Le blocus et les examens étant désormais derrière moi, le moment idéal s’est profilé à l’horizon pour confronter mes aspirations personnelles, à la réalité (du moins, celle vue à travers mes yeux).

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© Subjective Fantasy

Avant même de partir, j’ai directement ressenti la profonde envie d’écrire un article à ce propos. La question qui s’est ensuite posée étant la suivante : Math, qu’est-ce que tu  vas bien pouvoir raconter? Écrire, certes. Mais comment? Sous quelle forme?  Je n’avais aucune envie de revenir sur mon voyage de façon insipide et terne en basculant dans une forme linéaire en te narrant tout ce que j’ai fait pendant 8 jours. Tout simplement parce que c’est super chiant. Sans compter que je n’ai pas vraiment la prétention de penser que ma petite vie puisse susciter un minimum d’intérêt. Quoi que, loin de moi l’idée d’oblitérer un certain voyeurisme typiquement humain. Salut à toi, internaute qui t’es perdu sur mon blog.

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Piers Dashfield  © Subjective Fantasy

M’est alors venue l’idée de choisir l’angle de la musique (hé ouais, la fille va chercher loin). Après tout,  quoi de mieux que cette dernière pour appréhender certaines sensations, pour revenir sur des souvenirs, pour mettre des paroles sur des instants? Sans compter que l’Angleterre respire, incarne, symbolise, reflète, personnifie la musique. D’ailleurs, je m’excuse d’avance pour le probable fouillis de cet article, en réalité j’avais simplement envie de causer musique dans une ambiance cottage, pluie et pub’s en écrivant les choses comme elles me viennent. Au cours de ces dernières semaines, j’ai profondément regretté de ne plus avoir de temps pour écouter de la musique comme à mon habitude, naviguer voire divaguer dans mes playlists, découvrir de nouveaux morceaux… Bon ok, je me suis quand même accordée le luxe de quelques pauses musicales. Un AC/DC pour te rebooster entre deux sessions d’étude,  je te promets que c’est efficace! Bref, tout ça pour dire que renouer avec tout cela m’a procuré un bien fou!

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© Subjective Fantasy

Durant ces quelques jours, je me suis replongée dans la discographie de 3 grands artistes/groupes : The Beatles, The Kooks et Michael Jackson. Tu me diras : « Wow, la meuf part en Angleterre et pense nous surprendre en évoquant les Beatles et les Kooks? » Et bah pour le coup, je ne peux qu’aller dans ton sens. Quant à Michael, je n’ai aucune justification logique concernant sa présence dans l’article. Mais tu te souviens quand je te disais que l’article serait probablement bancal? Et bien on est dans le vif du sujet. Aucun rapport avec l’Angleterre mais ça ne m’a pas empêchée de matter tous les documentaires un tant soit peu corrects que j’ai pu trouver le concernant. Ce n’est, initialement, pas du tout un style musical auquel j’accroche mais il m’a toujours intriguée, d’abord pour des raisons peu fondées en rapport avec tous les scandales qui ont pu éclater autour de lui, puis de par son statut d’artiste et son talent indéniable. Petite, j’ai toujours eu l’image du gars qui danse avec des morts vivants, qui a changé de couleur de peau et fait de la chirurgie lui donnant un air, pour le moins étrange. A sa mort en 2009, les émissions à son sujet ont afflué et du haut de mes 12 ans, j’étais désormais davantage en mesure de comprendre le personnage, son passé, sa façon d’être en m’éloignant complètement des représentations négatives et méfiantes que je pouvais avoir à son égard. Ce mec est un ovni et me fascine complètement de par sa personnalité hyper atypique, mêlant sensibilité, innocence et une apparente simplicité entrant en contradiction avec son perfectionnisme et son aspiration à briller dans ce qu’il entreprenait. Je pense qu’au final, peu de personnes ont pu prétendre percevoir sa véritable essence. Point qui contribue grandement à forger la légende qu’il incarne. Comme quoi, s’éloigner temporairement de ses amours musicaux de toujours pour se refaire l’intégralité d’Off The Wall et visionner This Is It en tentant de refaire les chorégraphies apprises en jouant à la Wii (je ne m’y suis pas risquée mais on y était presque) ça ne fait pas de mal! Surtout quand, en tant que victime de la vie qui tombe malade en vacances, tu essayes de te remettre de ta grippe en te shootant au Dafalgan.

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© Subjective Fantasy

The Kooks. Seaside. La côte Est de l’Angleterre. Je logeais à Manston (30 minutes de Canterburry), eux sont originaires de Brighton. La juxtaposition spatiale n’est pas parfaite mais on dira que ce n’est qu’un détail. Je me souviens exactement de la première fois que j’ai entendu les Kooks… J’étais en 5ème primaire (oui, je suis un bébé de 20 ans pour ceux qui ne le savaient pas) et une pote de classe anglophone m’avait proposé de me graver un CD avec plein de morceaux inconnus au bataillon pour ma part, dont Ooh La des Kooks. Etant donné qu’à l’époque, on écoutait vraiment de la daube, avec du recul je la remercie (elle et ses grands frères dont l’influence a surement dû jouer) de m’avoir initiée à une musique, disons… Avec des prétentions qualitativement plus élevées.  Même s’il est vrai que Tragédie, Ozone et Las Ketchup, c’était le bon vieux temps! Cependant, l’initiation ne fut que partielle vu que c’est seulement des années après que j’ai réellement commencé à écouter le groupe en tombant sous le charme des albums Inside In / Inside Out et Konk. A ce moment-là, j’avais d’ailleurs moins accroché avec Junk Of The Heart et dernièrement Listen. Impression générale qui a totalement évolué depuis. Il aura donc fallu attendre mon séjour en Angleterre pour que je daigne réécouter ces albums avec plus d’attention. Conclusion : Les goûts et ressentis changent complètement avec le temps puisqu’à l’heure d’aujourd’hui, je trouve ces albums géniaux.

J’attends le 15 mai avec impatience pour leur concert à l’Ancienne Belgique ♥

Comment terminer cet article sans évoquer les Beatles? S’il y a bien une formation qui parvient à me faire ressentir mille et une émotions  et à me replonger dans mes souvenirs d’enfance, il s’agit bien de celle-ci. Quand tu écoutes les Beatles, t’as le smile. Sauf si tu écoutes Let It Be, Yesterday et Don’t Let Me Down, seul le soir avant de t’endormir. Dans ce cas-là, la mélancolie est susceptible de pointer le bout de son nez. Mais d’une manière générale, quand j’entends Eight Days A Week, Love Me Do et Can’t Buy Me Love, je respire instantanément la joie de vivre. J’ai la sensation utopique que, putain : Le monde est beau. Je me vois encore dans la voiture de ma mère, roulant le long de l’avenue de Tervueren, hyper fière de pouvoir enfin m’asseoir devant, en train de chanter à tue-tête Back in The USSR, Yellow Submarine et Penny Lane. Enfin par « chanter » on se comprend : Je parlais pas un mot d’anglais, je te laisse imaginer. Aujourd’hui rien n’a changé, je chante toujours comme une allumée en voiture, sauf que maintenant, j’ai le permis. J’espère sincèrement qu’en vieillissant, j’éprouverai encore ces sentiments d’insouciance et d’invulnérabilité.

J’ai d’ailleurs été passer une journée et une nuit à Liverpool. Je ne suis pas fan des lieux ultra touristiques mais étant donné que l’exception confirme la règle, j’ai quand même été faire un tour à The Beatles Story, musée à leur effigie qui retrace l’histoire du groupe. Le parcours n’était en soi, pas transcendant, mais néanmoins bien foutu. En tout cas, suffisamment bien foutu pour me rappeler que je ne suis vraiment pas née à la bonne époque. L’occasion aussi de faire un tour au mythique Cavern Club, salle où tout a commencé pour le groupe. Début de soirée, on descend les escaliers pour se retrouver nez-à-nez avec le sosie de John, guitare à la main, enchaînant cover sur cover. Derrière lui, le mur de couleurs emblématique que des  groupes  tels que les Yardbirds, les Rolling Stones et les Kinks ont signé. Assez dingue quand on y pense. Une ambiance sympa, même si inévitablement touristique. Ce n’est clairement pas là que tu rencontreras des locaux. Si touristique que quand on a voulu y retourner pour boire un verre dans la soirée, l’entrée était entre temps devenue payante. Dommage car on est bien loin de l’esprit « QG de l’époque » des jeunes du coin qui se réunissaient là tous les soirs pour trinquer entre potes. Quatre pounds l’entrée par personne alors que tu n’as même pas encore consommé, pour un bar, faut pas déconner. Perte d’essence et de charme totale. Mais ce n’est qu’une petite ombre au tableau puisque je garde de ces quelques jours un souvenir mémorable. Si mémorable que le retour à la réalité du quotidien n’a pas été chose aisée.

Pour l’état d’esprit, la musique, la langue, les habitants, je suis incommensurablement tombée amoureuse du pays.

Un volontaire pour me repayer le voyage?

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