INTERVIEW × ROCK SYSTEM

Lundi 11 avril, je suis en route vers LLN pour rejoindre Boris Engels, manager des groupes Konoba, In Lakesh et Kings of Edelgran. Depuis quatre ans maintenant, Boris est également l’initiateur du projet Rock System Festival qui se déroulera ce 22 avril prochain à la Ferme du Biéreau. Il se trouve qu’on se connait déjà puisqu’il m’avait contactée l’année dernière pour prendre en main les photos de l’évènement aux côtés de Snappp, défi que j’avais relevé avec grand plaisir! Il paraît même que je renouvelle l’expérience pour cette Purple Edition qui propose à nouveau un line-up de dingue. J’en ai tellement gardé un bon souvenir que j’ai cette fois-ci eu envie d’en écrire un article. Je lui ai donc proposé une interview afin qu’il m’en raconte davantage sur l’aventure Rock System…

ROCK SYSTEM

SF 〉 Pour la quatrième année consécutive, le Rock System Festival se déroulera à la Ferme du Biéreau (Louvain-la-Neuve). Mais le Rock System, en quoi ça consiste exactement ?

Boris 〉 Le Rock System c’est un festival que j’organise depuis maintenant 4 ans. Le but premier consiste à programmer uniquement des groupes très pros mais néanmoins pas encore très connus du grand public, et ce dans un cadre le plus professionnel possible. La Ferme du Biéreau nous permet d’avoir une technique irréprochable, que ce soit en façade pour les festivaliers ou sur scène pour les artistes.

SF 〉 Le choix de la Ferme du Biéreau et de LLN à plus grande échelle s’est-il avéré être une évidence? 

Boris 〉 Complètement. Je suis Lasnois donc c’est tout près de chez moi. Sans compter que j’ai déjà vu des centaines de concerts à la Ferme du Biéreau, j’y ai aussi déjà joué en tant qu’artiste…  C’était vraiment une grande première : je passais de spectateur et artiste à organisateur qui se doit de gérer six artistes en même temps. Je n’avais jamais fait ça mais j’avais l’avantage de bien connaître les lieux ainsi que les gérants techniques.  Ça m’a en quelque sorte rassuré de faire ça là-bas.

SF  〉 Comment parvient-on à mettre sur pied un projet musical tel que le Rock System ? D’où t’es venue cette envie ? Quelles démarches as-tu dû entreprendre ?

Boris 〉 Ce qui m’a premièrement donné envie de me lancer, c’est de par le fait que je suis artiste à la base. Entre mes 14 et mes 19 ans, j’ai fait quelques concerts avec mon groupe… Mais pour un chouette concert, on en faisait dix autres dans des cafés perdus au fin fond de la Belgique. Tu sais, le genre d’évènement où t’es payé 15 balles et tu dois faire 150 bornes. Je me suis rendu compte que les groupes qui jouaient avant ou après nous dans ce même café pourave, envoyaient vraiment du lourd! Je me disais intérieurement : « Mais enfin, qu’est-ce que vous foutez là les gars?! » En revenant d’une résidence avec un de mes groupes à la Ferme, je me suis dit que ce serait génial de prendre tous ces groupes et d’en faire un festival de découverte qui en vaut vraiment la peine. D’ailleurs, pour la première édition, c’est mon groupe qu’on avait mis en tête d’affiche. Genre, le mec ultra pistonné! [Rires] La première année, je n’avais pas la prétention d’en faire « l’évènement incontournable ». Je suis parti dans l’idée d’organiser un festival « pour mon groupe » avec tous mes potes et de faire une grosse fête ensemble dans une chouette salle… Au final, on était soldout et ça c’est super bien passé!

SF 〉 Du coup, quel regard portes-tu sur la scène musicale belge ? Par rapport aux jeunes groupes, aux éventuels soutiens dont ils disposent? 

Boris 〉 Bah écoute, je trouve que les jeunes groupes belges sont vraiment « sous-exploités » dans le sens où il y a des talents de dingue en Belgique. Les professionnels du milieu n’y prêtent pas suffisamment attention mais il ne faut pas non plus leur jeter la pierre. Je pense que c’est principalement dû à un manque de budget. Certes, il y a des choses qui se font. Le problème, c’est l’écart entre l’aide dont on dispose et ce dont on aurait vraiment besoin pour professionnaliser le projet.

SF 〉 Je suis bien placée pour savoir que le Rock System c’est aussi une belle équipe investie dans un projet commun. Qui sont les personnes qui t’entourent en amont du festival ainsi que le Jour-J ?

Boris 〉 Il y pas mal de gens quand même… Je me charge de gérer toutes les équipes mais il y a des limites : par exemple concernant l’équipe de tournage, je ne suis clairement pas technicien. Rien que pour déterminer quelles caméras on doit louer etc. Laisse tomber, seul c’est impossible. J’ai donc fait appel à deux gars : Joachim et Laurent. C’est eux qui vont choisir le matériel adéquat, se poser la question de combien de cadreurs on a besoin, comment les placer aux abords de la scène etc.

SF 〉 Ca repose donc pas mal sur une relation de confiance…
Boris 〉 Tout à fait. J’ai testé pas mal de choses lors de la première édition. Je ne connaissais pas du tout les « papas » de l’équipe de tournage, comme je les appelle. Ils m’ont été conseillés par une amie. Je leur ai dit : « Ecoutez les gars, je ne sais pas du tout ce que vous faites, mais ça serait cool de faire des vidéos pendant le festival. » J’ai la réelle envie de créer des équipes jeunes et dynamiques comme moi et qu’on évolue ensuite ensemble. Au final, j’ai réussi à créer une équipe d’amis. On est tous devenus potes, tu l’as vu en loges l’année passée…

SF 〉 J’ai effectivement remarqué ce contraste entre le côté très pro du festival que ce soit concernant le line-up, les aspects plus techniques, et de l’autre cette ambiance chill et décontractée

Boris 〉 C’est ce que j’essaye de créer, oui. On n’est pas obligé d’être un tyran pour mettre sur pied une équipe pro. Je fais partie des gens qui pensent que le terme de « grand PDG d’entreprise » n’a plus réellement de sens de nos jours. Je préférerais avoir affaire à un manageur qui t’aide à évoluer plutôt que quelqu’un qui aura tendance à te tirer vers le bas. J’ai envie d’un peu casser ces codes là… Jamais je n’enfilerai le costume-cravate pour aller gueuler sur l’équipe de tournage, par exemple. L’esprit humain et la bonne entente sont des éléments hyper importants. Jusqu’à tout récemment, j’avais deux attachées presse mais elles ont  entre-temps trouvé un job à plein temps. On parlait des aides octroyées il y a cinq minutes, et bien c’est typiquement dans ce cas là qu’elles sont nécessaires :  pour pouvoir engager plus de personnes et donc faire évoluer le projet. On reçoit déjà de l’aide et c’est super, mais ça représente le minimum  syndical pour survivre. On a aussi un webdesigner, des graphistes, des ingénieurs son… On doit être plus ou moins une trentaine.

SF 〉 Imaginons maintenant que tu aies carte blanche pour organiser LE festival de tes rêves au niveau international. Quels groupes décides-tu de booker ? 

Boris 〉  Je suis obligé de dire Muse, je suis un fervent admirateur du groupe même si je suis un peu moins fan des derniers albums.

SF 〉 Ah ouais? J’ai adoré le dernier perso! 

Boris 〉 Disons qu’ils sont revenus à un univers très rock. En même temps je comprends, ils font vraiment de la musique « stadium ».  Mais on a moins ce côté Origin of Symmetry tu vois? Mais rien que pour la légende, Muse en tête d’affiche, d’office. Ensuite, je dirais BRNS, qui sont là cette année. Ca fait trois ans que j’essaye de les avoir en tête d’affiche! [Rires] Là, ils sortent leur album et sont dispos pour venir jouer! Ensuite, si on pouvait avoir une pré-pré partie à ce fameux festival, je choisirais Heymoonshaker. Quoi que, je ne sais pas comment je les placerais entre BRNS et Muse… S’il pouvait y avoir plusieurs scènes en simultané…

 SF 〉 Ok, on part donc sur un gros festival alors!

Boris 〉 C’est ça, avec genre 18 scènes tu vois!

SF 〉 Faudra pas mal d’aides de l’Etat mais ça se tente! [Rires] Ils ont un charisme de fou il faut dire! 

Boris 〉  C’est incroyable, autant le guitariste que le beatboxer… J’ai justement envoyé un message à Dave Crowe pour l’inviter cette année en lui disant : « Ecoute, si vous voulez passer franchement je vous paye un hôtel! » Malheureusement ils ne sont pas disponibles ce weekend là… Dans tous les cas  ce serait : Muse – BRNSHeymoonshaker.

SF 〉 En parlant de BRNS, le line-up de cette année accueillera également les groupes Talisco, Ulysse, In Lakesh, Alpes et TOTM. Comment as-tu orienté tes choix? Dans quelle mesure tes goûts perso interfèrent ? 

Boris 〉 Je fonctionne complètement au coup de coeur. Je n’ai vraiment pas peur de programmer des groupes sur qui j’ai flashé. Cette année-ci c’est peut-être l’édition la plus « commerciale ». J’aimerais vraiment que cette année la Ferme du Biéreau soit pleine à craquer parce que l’année prochaine j’ai quelques ambitions autres et pour cela, il faudra à nouveau ramener du monde…


SF 〉Avec du recul, quel regard rétrospectif portes-tu sur l’évolution du Rock System ? Quels sont les points sur lesquels vous avez particulièrement bossé ? Ceux que vous aimeriez davantage développer dans le futur ?

Boris 〉 Grâce à la notoriété du festival qui s’amplifie, ça va dans les deux sens : plus je prends des gros groupes plus je pourrai me permettre d’en reprogrammer l’année suivante. Avec Heymoonshaker pour la Green Edition, ça a clairement joué pour convaincre les producteurs. D’année en année la programmation est plus pro et recherchée. J’espère que l’année prochaine ce sera encore plus incroyable… Je veux qu’il ait à chaque fois un pas en plus qui soit fait, que ce soit au niveau de la taille du festival, dans l’accueil, dans la programmation… Le plus dur ce n’est au final pas vraiment d’organiser le festival même si ça prend énormément de temps. Le plus compliqué avec les festivals de découverte c’est de faire comprendre aux gens que s’ils viennent, ils vont passer un bon moment. BRNS et Talisco sont des groupes reconnus, mais ce ne sont pas encore des noms comme Alice on the Roof ou encore Puggy où d’office c’est sold out directement après la mise en vente des tickets. Je dois encore convaincre les gens, enchainer les coups de fil… Je vais moi-même distribuer les flyers pour être sûr de bien expliquer le concept à chaque fois. Le plus dur c’est de rameuter du monde et c’est probablement le point que je souhaite améliorer à l’avenir : par exemple trouver des gens à qui relayer cette tâche. Dans l’idéal, les passages radio, télévision et les publications dans la presse devraient être le seul canal par lequel je présente le Rock System.

SF 〉 Un dernier mot pour définitivement convaincre les indécis qui n’auraient pas encore acheté leur place? 

Boris 〉 Viens, ça va être bien! Non mais quand on y réfléchit, le prix d’entrée est vraiment démocratique, même pour les étudiants. Six groupes vont se produire au Rock System de 16h à minuit sans compter l’after en présence des artistes au Dude Bar.  La phrase que je dis tout le temps est la suivante : « Même si vous ne connaissez pas les noms de l’affiche, croyez moi, venez et vous allez passer un super moment! »

Pour réserver vos places → ICI 

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