EXCUSEZ-MOI MADAME, Y A-T-IL UN PROBLEME?

WTF

Je suis énervée, tellement énervée. Je ne sais même pas à quoi va servir cet article mais l’envie d’écrire est trop forte.

Cet après-midi, il m’est arrivé un épisode qui ne dura que quelques minutes mais qui m’a fait monter dans les tours pour le restant de la journée. Enfin en vacances, je décide d’aller me balader tranquillement en ville. Ce que je porte? Une longue jupe à franges, typique esprit seventies que j’ai trouvé en friperie. A mes pieds? Mes fidèles Dr Martens. Sans conteste, la tenue est assez originale et peut attirer l’oeil. Visiblement, elle attire tellement l’oeil qu’elle dérange même les personnes âgées!

En passant devant une terrasse, une charmante et agréable dame était en train de parler à la personne en face d’elle, sans aucun doute une autre charmante et agréable personne avec qui j’aurais adoré sympathiser. En me voyant passer quelques mètres devant elle, la surprise fut telle que cette même charmante dame n’a pas pu retenir sa stupeur… Seigneur Dieu! Etait-elle choquée? Estomaquée? Dégoûtée? Scandalisée? Il me semble qu’il s’agissait des quatre expressions en simultané au vu de l’écoeurement que traduisait ses traits. La pauvre dame a failli en tomber de sa chaise. Tu m’étonnes, une jeune fille provocante, agressive et menaçante comme je suis qui ne fait que marcher dans la rue sans rien demander à personne. Je pense que je me souviendrai toujours du dédain que j’ai pu lire sur son visage. Et si seulement ça c’était arrêté là. Pensant que je n’ai pas remarqué son comportement, elle alerte sa charmante et agréable amie du spectacle qui se joue sous ses yeux. Me montre-t-elle carrément du doigt? Oui. Me prend-t-elle pour un animal de foire qui divertira son après-midi si terne? Oui. Prononce-t-elle haut et fort les mots suivants : « Oh mon dieu, mais quelle horreur » ? Oui. Ai-je bien vu et entendu ce qu’il vient se passer même si, j’espère intérieurement me tromper? Oui.

Je suis profondément désolée, Madame.

Désolée pour vous. Désolée que votre vie soit si monotone et triste. Désolée des barrières qui vous enferment et par conséquent, du peu d’ouverture d’esprit dont vous jouissez. Désolée de l’immobilisme de vos pensées, de la petitesse de vos valeurs. Désolée qu’à votre âge, vous osiez encore montrer quelqu’un du doigt dans la rue. Désolée du profond manque d’éducation dont vous faites preuve. Désolée de constater que vous n’êtes qu’une vielle pétasse aigrie. Désolée de vous confronter de façon si « violente » à la diversité, à l’originalité, à la différence. Désolée de vous dire que votre réalité n’est pas celle des autres. Désolée de vous dire que votre remarque ne m’a en aucun cas blessée.

Bien au contraire.

Intérieurement, j’en ai ri. J’ai ri, ri comme jamais face à votre connerie. Vous aviez l’air si fière, si fière et sûre de vous, petite bourgeoise assise à votre petite table, petit café à la main. Pourtant, quand je me suis confrontée à vous en vous demandant si c’était bien moi que vous regardiez et s’il y avait un problème, vous ne m’avez pas répondu. Vous n’avez pas répondu car vous vous êtes faites prendre à votre propre jeu. Car vous n’aviez pas d’argument. Vous aviez juste envie de disparaître sous terre, la gêne vous gagnant.

Je vous dis merci.

Merci. Car c’est face à ce genre de comportement que l’envie de m’assumer, de marcher tête haute dans la rue me prend aux tripes. L’envie de vous montrer à quel point tout ça ne me touche pas, mais surtout à quel point vous n’avez décidément rien compris. Rien. Merci car grâce à vous, je me rappelle à quel point il est facile de tomber dans le jugement, à quel point autrui peut devenir le bouc émissaire permettant de calmer les frustrations des autres.

Cette anecdote est assez anodine au final, loin de moi l’idée de faire le buzz, d’attirer l’attention sur ce qu’il m’est arrivé comme s’il s’agissait d’un fait divers ultra sensationnel. C’était juste l’histoire d’une vielle conne qui a un peu beaucoup trop ouvert sa gueule. Mine de rien, c’était la première fois que je me faisais verbalement agresser par une femme, et cela m’a vraiment troublée. Comme si les femmes n’étaient déjà pas assez confrontées à l’animosité des hommes, de leurs regards, gestes et paroles en rue. Comme si cela ne suffisait pas, il faut que les femmes en arrivent à se descendre entre elles. Comme quoi, ce n’est pas d’ici à demain que l’on pourra vivre sa vie tranquille sans se soucier de ce qu’il se passe autour de nous.

Qu’est-ce que l’être humain peut être con.

 

7 réflexions sur “EXCUSEZ-MOI MADAME, Y A-T-IL UN PROBLEME?

  1. Très bien construit pour un article écrit sous le coup de la colère 😉
    Ça fait plaisir de savoir que tu as été la remettre à sa place, je suis sûre qu’elle pensait que tu n’oserait pas lui adresser la parole. Ces gens là sont autant acteurs du harcèlement que les mecs qui sifflent les filles dans la rue. Et ils se croient pourtant bien plus respectables … ha ha !

    1. Merci! J’ai essayé de remettre mes idées au clair haha 🙂
      Totalement d’accord avec toi, ce genre de personnes qui se pensent respectables socialement parlant mais qui se révèlent être aussi fermées d’esprit que ces beaufs en rue…
      Bisous!

  2. Eh bien, j’aime décidément vraiment trop ton style !
    Dommage que cela soit dans ce contexte-ci, à notre époque qui se veut ouverte d’esprit. Dommage qu’il y ait encore tant de personnes qui réagissent ainsi, et qui plus est, n’assument même pas ! Beau coup de gueule, je l’apprécie beaucoup, tant pour la forme que pour le fond !

    1. Merci Sarah!  » Dommage  » et  » tristesse  » sont vraiment les mots que je retiens de cet évènement… Et le pire dans tout ça, c’est qu’au final rien n’est surprenant! Trop prévisible malheureusement.

  3. Tu as bien fait de réagir en l’interpellant ! C’est nul le jugement que les gens peuvent porter sur nous juste par « peur de la différence ».
    Continue de porter tes docs et tes vêtements fripés la tête haute ! Ses personnes n’attendrons jamais ta liberté d’esprit ou ton audace vestimentaire !

  4. Le nombre de fois que je suis regardée de travers ou sujette à des messes-basses juste parce que je porte une robe vintage avec des bottes, ou bêtement une tenue qui sort de l’ordinaire combo « sneakers-sweat-slim »….
    Merci pour ton article, ça fait du bien de savoir qu’on est pas seule là-dedans. Et comme toujours, j’adore ta façon d’écrire!

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